vendredi 11 juin 2010

L'AIR DE RIEN ...


D'instant en instant, l'air instille ses volutes futiles qui titillent les pores. Chaque molécule respire sans en avoir l'air. Enfin lasse d'avoir à se justifier, toute existence se dissout dans l'anonymat d'impasses salutaires. Baudruche fébrile et pathétique, l'ego épuisé fredonne son ravissement de jouer d'une inutilité qu'il ne sait plus feindre. La lumière même se fait insouciante, joignant à celles de l'air de timides intrusions sous les espaces voilés. Escamotant leurs pans rudes et aveugles, les cloisons ordinaires font vaciller leur matérialité rassurante pour n'être plus que chimères évanouies.
Où sommes-nous alors ?... La sensation hésite et glisse d'un "nous n'y sommes plus" à un "nous n'en sommes plus". Pas d'étrangeté inquiétante dans ce sentiment d'être ailleurs, mais la tranquille évidence d'être enfin chez soi. En passeur de vertus appliqué, le temps nous confie une rareté toute fraîche : "Ne faites rien et voyez !... Plus l'esprit est vide, plus il peut se remplir d'objets sublimes."

Paysage vide, demeure vide, page vide appellent des espaces à créer. En s'incarnant, les âmes de Platon descendent comme des étoiles filantes, traversent les déserts et finissent par atteindre notre monde. Parvenues au Léthé, elles n'en peuvent plus de boire l'eau du fleuve de l'oubli. Réduit à un océan de peu, le vide séduit ces folles prêtes à toutes les repentances pourvu qu'on leur promette une paix durable. Le Rien se presse en foule au funérailles du "Moi Je..." Un voile de légèreté esquisse une ombre claire.

samedi 15 mai 2010

INSPIR ... EXPIR ... FLUX CREATEUR


Telles les images à la surface d'un courant où l'on jette une pierre, les ondes de la rêverie s'estompent infiniment. Un bref instant, le flâneur impénitent se mue en rêveur véloce capturant ses chimères avant qu'elles ne lui glissent entre les fibres...

Les saisissant au vol, il se prend au jeu subtil des intermittences et des esquisses, des inadvertances et des naïvetés. Il se rend attentif aux rimes sonores et visuelles teintées de tonalités aux nuances diaphanes. Les modulations se déclinent en variantes discrètes, distillant un mélange de sensualité et de mélancolie qui confine au sublime : ici et alors s'ouvrent les fenêtres de la pleine conscience.

Saisis par les frôlements fugaces de l'inspir, nous savourons de soyeux instants d'éternité. Notre main, portée par des vagues venues d'un autre monde, se fait nageuse reconnaissante et vient expirer sur la p(l)age vierge et brûlante. Argonautes de l'idéal, nous abordons les terres inconnues de nos commencements...

lundi 26 avril 2010

" HAÏKU " LARME DE TEMPS


Griffure de lumière, boucle gracieuse,
il s'enroule sur lui-même
le haïku

Tableautin ? Poussière de temps ? La Faucheuse n'en a cure et moissonne à tout va les larmes de nos instants filant sous nos paupières. Le temps suspendu vogue et décrète l'absence. L'esprit part en errance, délivré de l' "Empire des signes"(R BARTHES)

Dans le cerisier blanc
murmure puissant
le peuple des abeilles

Le haïku dit la saison, la végétation, la mer, le village, la silhouette ... Evénement bref qui trouve d'un coup sa forme juste, le haïku est sans sujet. Il est ce "pli léger dont est pincée la page de la vie, la soie du langage" dont parle Roland Barthes. "Espace de purs fragments, aventure infinitésimale, il donne à lire la rectitude de la trace, sans sillage, sans marge, sans vibration. Il est le mode graphique d'exister." Cette écriture qui n'écrit rien, ou plutôt écrit le "rien", reproduit "le geste désignateur du petit enfant qui montre du doigt quoi que ce soit en disant : ça ! (rien de spécial)"

Ils tracent leurs signes
les nuages
cheveux ailés du vent

mardi 23 mars 2010

EXPRIMER PARTAGER TRANSMETTRE

De l'écume des livres à l'écume des lèvres
les mots chuchotent badinent musardent
pépient en sarabandes joyeuses
colportent des myriades de récits
les propagent de lecteur en locuteur
Ecrits lectures et bavardages
joignent ici leurs signes
dans un vaste murmure partagé.

vendredi 26 février 2010

UN LIVRE PARAIT : " PASSIONS A L'OEUVRE "


Amis lecteurs
Mon ouvrage vous ouvre ses pages dès maintenant en librairie (sur commande), EN LIGNE sur http://www.amazon.fr/, sur le site de l'Editeur http://www.praelego.com/ et sur le site http://www.plaisirdelire.fr
Je vous donne aussi rendez-vous sur ce BLOG pour y recueillir un avant-goût du livre et y suivre d'autres écrits à venir ... JM Parent

dimanche 24 janvier 2010

GEOGRAPHIES DE NOS ENTREMONDES



Tout homme porte en lui une terre promise dont certains rêves, parfois, lui évoquent la couleur, le parfum, l'essence-même. Une terre où rien ne compte que de vivre, regarder, respirer... Lieu d'un passé sans mémoire, sans généalogie, sans patrie, comme un négatif à nos fantasmes, ou le paysage insolite de notre inconscient.


Explorer les géographies de cet entremonde, c'est accepter de se laisser embarquer dans nos dérives imaginaires, pour aborder enfin aux rives de "cet autre en soi". Plongés malgré nous dans de fades odyssées, nous sommes tels des Ulysse échoués sur la plage de nos paradis perdus, avides de saisir la vérité du chemin parcouru et de pénétrer dans les failles de nos atlas imaginaires. Pour accoster aux confins de notre terre natale. Notre Terra Incognita ...

PASSIONS A L'OEUVRE : 4è de couverture


Ancien journaliste, professeur des Ecoles à Loches (Sud Touraine), Jean-Marie PARENT a fait de l'art et de l'écrit des compagnons familiers. Quand le semblant nous épuise, l'art nous regarde et nous parle. Il sait nous engager au coeur de récits mythiques où la mouvance de nos histoires personnelles trouve parfois un écho fertile. Ainsi l'auteur visite-t-il les oeuvres, tentant d'en découvrir le secret à la fois unique et multiple. Invitant chacun à partager ce geste d'attention et de bienveillance qui "oblige" l'amateur éclairé, il guette l'intemporel moment de bascule vers le climax de l'ouvrage, l'instant magique, intime de la transmission.


Patiente exploration dans "les règles de l'art"... C'est le regard posé du visiteur qui fait renaître l'oeuvre, vierge comme à l'origine face à cet oeil neuf. Car l'oeuvre transcende le temps : elle contient tous les temps, ceux qui ont vu son émergence, comme tous ceux, postérieurs, qui la restituent à notre vigilance émerveillée. Porteuse de l'exigence d'un sens, elle en appelle à l'ouverture des sens, à l'élégance du regard, au déploiement de la pensée.


Alors peut venir le temps de transcrire et de transmettre l'émotion née de son exposition. L'auteur tente de se faire le passeur suggestif de "la passion à l'Oeuvre". S'appuyant sur les nouvelles ressources offertes par la "Toile", le lecteur, à son tour, prendra-t-il le relais ?... Pour le plaisir, intact et toujours renouvelé, de réveiller l'eau qui dort ...